Tolérance religieuse

La tolérance religieuse est l'attitude devant des confessions de foi différentes ou les manifestations publiques des religions différentes.

Exemple, l'édit de Tolérance de 1786 (France) autorise la construction de lieux de cultes pour les protestants à condition que leur clocher soit moins haut que celui des Églises catholiques.

Cet article rassemble la liste des articles traitant des relations de chacune des religions avec les autres.

Quoiqu'inscrite dans les textes sacrés, la tolérance à laquelle se réfère la religion ne dépend pas des textes mais du corpus d'interprétations produit par des autorités religieuses. On se retrouve donc dans le cas évoqué dans Qui tolère ?. En fonction du rapport à la vérité élaboré chacune de ces autorités, les codes d'interprétation seront plus ou moins ouverts à l'accueil de la religion d'autrui comme aux manifestions de celle-ci. La tolérance du fidèle dépend de sa relation aux autorités et n'émerge qu'avec la naissance de l'individualisme à la fin du XVIIe siècle

L'idée que chaque religion ait évolué indépendamment est controuvée par l'Histoire. En effet, dans la pastorale de chacune peuvent être détectés des éléments :

Aussi les tendances sont communes et dépendent du concept de l'existence du concept de transcendance. Selon que le ou les dieux, sont transcendants, c'est-à-dire en dehors du monde ou intégré dans l'anthropologie religieuse, la vérité est plus ou moins révélée donc absolue.

A quoi il faut ajouter trois niveaux de tolérance religieuse:

Sommaire

Le polythéisme antique

Les religions de l'antiquité ignorent le concept de transcendance. Selon l'anthropologie de Plutarque de Chéronée, le monde se comprend ainsi :

Aucune transcendance là-dedans, juste une différence de degré. La religion n'est donc pas révélée d'en haut et toutes sont égales. Aucune d'entre elle ne peut prétendre prendre le pas sur les autres.

civilisation grecque

N'oublions pas que Socrate est condamné à mort sous deux chefs d'accusation même si on s'ingénie à faire oublier le second):

  1. Corrompre la jeunesse.
  2. Avoir offensé LES dieux de la cité.

N'oublions pas, non plus, les guerres que l'amphictyonie de Delphes mena contre ceux de ses membres qui avaient violé les droits sacrés d'Apollon.

Ce qui n'empêche pas les grecs d'être accueillants : Héphaïstos, l'un des 12 de l'Olympe est un dieu tard venu en Grèce. Il était originaire d'Asie, de Lycie exactement. Son boitillement signifiait le mouvement des flammes. Dans certaines versions il est le mari cocu dans d'autres il cocufie Arès.

L'une des principales questions de la religion grecque se demande qui on doit accueillir ? (l'étranger est peut-être Zeus déguisé ?) qui on doit exclure ? C'est le thème des Suppliantes, tragédie d'Eschyle autour du personnage de Io. Le théâtre était dans la Grèce ancienne une liturgie et, dès le Ve siècle av. J.-C., les pauvres sont payés pour assister à des représentations gratuites.

Dans la civilisation de l'Égypte antique

La tolérance religieuse était un pilier, sauf pendant la période d'Akhenaton. Le pays abrite, à plusieurs époques, des temples de divinités étrangères (Baal, Astarté, etc.). On signale en -1500 un traité entre Memphis et Tyr qui signale que le Mardouk de Tyr est bien le même dieu que celui de Memphis et que, en conséquence, les marins de Memphis relâchant à Tyr, pourront honorer le dieu local selon les rites en vigueur à Memphis. Idyllique ? le traité ne précise pas si Tyr était ou non dans un rapport de colonie à l'égard de Memphis, ce qui fut plusieurs fois le cas.

Rome

relations de la religion romaine aux autres religions


La double équation : « monothéisme=intolérance », « polythéisme=tolérance » se révèle simpliste.

Le monothéisme

Avec le développement du monothéisme (juif, chrétien, puis musulman) apparaît la notion de transcendance et, en conséquence, d'exclusivisme du divin : le concept de dieu unique, puis tout puissant change tout, avec le concept de droit divin qui se distinguera puis s'opposera au droit naturel.

exclusivisme

inclusivisme

codes de droit religieux

relations avec le pouvoir d'état

On comprend donc que la tolérance n'est pas une vertu intrinsèque de telle ou telle religion mais dépend du choix de ses hommes et de ses hiérarchies comme de leur capacité à s'associer à un pouvoir, c'est-à-dire de l'existence d'une orthodoxie.

Comment les religions actuelles conçoivent-elles la tolérance ?

Voir aussi

Lire aussi

See also: Tolérance religieuse, Akhenaton, Amphictyonie, Anthropologie religieuse, Arès, Asie, Astarté, Baal, Canon (religion)