Trieste
Trieste (anciennement, en latin, Tergeste) est une ville d'Italie, située sur la mer Adriatique, à proximité de la frontière Slovène. Elle est le chef-lieu de la région de Frioul-Vénétie Julienne, et de la province éponyme. Elle compte 233 000 habitants (2001), les Triestins.
Les ressources de la ville sont avant tout dues au port international, rival de celui de Venise, ainsi qu'aux activités liées : chantiers navals, sidérurgie, raffineries de pétrole.
Histoire
L'ancienne Tergeste est sous contrôle romain depuis -177. En -52, elle se voit donner le statut de colonie romaine, sous Jules César, qui mentionne son nom dans la guerre des Gaules.
Au Moyen Âge, Trieste devient un important carrefour commercial. En 1382, elle se donne à Léopold III de Habsbourg, duc d'Autriche, et devient un port franc, seul débouché maritime de l'empire autrichien. Au XIXe siècle, elle est intégrée aux Provinces illyriennes (1809–1814), puis redevient autrichienne et connaît une période de grande prospérité, particulièrement après la construction de la ligne de chemin de fer Vienne-Trieste (terminée en 1857). À la fin du XIXe siècle, c'est une grande cité cosmopolite qui héberge des artistes comme James Joyce, Zlatko Baloković et Italo Svevo. Ses habitants italiens sont pourtant mécontents de se trouver sous domination autrichienne et aspirent à rejoindre l'Italie — c'est ce qu'on appelle l'irrédentisme. Ses habitants, notamment les Slovènes et les Allemands, devenaient objet de violence de la majorité italienne.
En 1921, après la Première Guerre mondiale qui brise l'Empire austro-hongrois, Trieste est rendue à l'Italie, en même temps que les autres terres irrédentes. Le port perd rapidement de son importance et entre dans une profonde crise économique. Il servira de base à la naissance du parti fasciste italien (en proportion, le plus grand nombre d'adhérents sont de Trieste et de sa région dès 1922).
Après une première courte occupation par les partisans titistes en septembre 1943, la ville est rapidement entièrement reprise par les Allemands (1er octobre 1943) qui y ouvrent le tristement célèbre camp d'extermination de la Risiera di San Sabba (rizière de San Sabba, dans une zone industrielle) — où seront tués entre 3 000 à 4 000 personnes et emprisonnées, avant d'être transférées 12 à 15 000 personnes, surtout des juifs mais également des partisans, des slaves, des résistants italiens.
Le 1er mai 1945, les partisans de Tito (IVe armée yougoslave) entrent à Trieste aux cris de « Trst jè nas », Trieste est à nous. Le lendemain, 2 mai, la 2e division néo-zélandaise du général Bernard Freyberg entre également en ville ; Les Yougoslaves y restèrent pendant 40 jours.
En 1947, le traité de Paris crée un « territoire libre de Trieste » sous contrôle de l'ONU, coupé en deux zones, l'une anglo-américaine, comprenant la ville de Trieste (zone A et B), l'autre yougoslave avec les villes de Zadar (Zara), Fiume, Pola (en théorie en zone B) ainsi que l'ensemble de la presqu'île de l'Istrie sauf la région de Capodistria (Koper) (zone B). Des collaborateurs, parmi eux surtout des Italiens, mais aussi des Croates et Slovènes, partent poussés par le climat de terreur créé par les massacres des foibe. Le 26 octobre 1954, la zone alliée (partie A) retourne à l'Italie.
