Trombone
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Le trombone est un instrument de musique à vent, de la famille des cuivres. Son registre est plus grave que celui d'une trompette, et plus élevé que celui du tuba.
Il est utilisé dans de nombreux genres musicaux, de la musique classique au jazz, en passant par la salsa, le ska, le funk, la musique militaires, les orchestres d'harmonie et fanfares...
Un joueur de trombone est appelé un tromboniste ou trombone.
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Les origines
Les origines lointaines du trombone se trouvent probablement dans le buccin, sorte de tuba joué par les romains, dont il existait une variante en forme de « S » rappelant celle du trombone actuelle – le terme buccin fut d’ailleurs repris au XIXe siècle siècle pour désigner un trombone d’orchestre militaire dont le pavillon représentait une tête de serpent.
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C’est probablement au XIIIe siècle qu’on eut l’idée d’ajouter deux tubes coulissants l’un dans l’autre à une trompette basse, la coulisse était née. On appela l‘instrument ainsi créé la sacqueboute. Il ne s'agissait pas d'un instrument radicalement différent du trombone, mais d'une version légèrement plus petite.
Ce n’est qu’à partir du XVIIe siècle, que le nom italien de trombone fut utilisé pour désigner l’instrument. Le nom vient de tromba, ce qui signifie trompette et de one, un suffixe qui signifie grand. Ainsi, au sens littéral, un trombone est une grande trompette.
Pendant toute son histoire, le trombone, en raison de son principe simple a subit peu de modifications, principalement de taille et de forme. L’une des plus remarquables étant probablement l’apparition du barillet dans le trombone complet.
Anatomie
Le trombone est constitué d'un tube cylindrique courbé comme un S allongé (ce qui a justifié l'usage de ce terme en français pour désigner l'ustensile servant à attacher des papiers). La section suivant l'embouchure s'appelle la coulisse, elle permet au joueur de faire varier la longueur de l'instrument, et ainsi d'obtenir la note désirée. Certains trombones ont des pistons à la place d'une coulisse, et sont appelés trombones à pistons.
Principe de jeu
Émission du son
Comme tous les instruments à embouchure, le son est produit par la mise en vibration des lèvres supérieures, entretenue par une colonne d’air propre à l'instrumentiste. Cettte pression est canalisée par l’embouchure dans le corps de l’instrument. La pression de la colonne d'air crée une onde stationnaire dont la fréquence propre est imposée par l'instrument. La qualité du son dépendra alors de la qualité de la vibration, de la colonne d’air (donc de l'instrumentiste et de l'embouchure), et de la qualité du corps de l’instrument (matériaux, épaisseur, diamètre du tube, forme du tube…)
Articulation du son
Modulation du son
Le fait de serrer plus ou moins les lèvres fait varier la pression et la fréquence de vibration de l'air dans l'instrument et permet au musicien de faire entendre, à partir de la fondamentale, la suite des harmoniques supérieures, suivant l’ordre des harmoniques naturels: octave, quarte, quinte, etc. : par exemple pour un trombones en si
, on obtiendra : si
, si
, fa, si
, ré, fa, la
, si
... Le nombre d’harmonique pouvant être joués dépend alors des capacités thoraciques du musicien.
Cette technique ne permet de jouer que l'ensemble limité des notes correspondantes aux harmoniques de la fondamentale de l'instrument. Pour pouvoir jouer l'ensemble des notes, un mécanisme (coulisse, barillet ou piston) est alors également utilisé qui modifie cette fondamentale en allongeant la longueur de l’instrument.
La coulisse
La longueur de l’instrument est modifiée par une coulisse qui peut être allongée ou raccourcie. La coulisse est divisée en plusieurs positions — jusqu’à sept pour le trombone ténor —. Elle est en 1re position quand elle est entièrement rétractée, et en dernière position lorsqu'elle est au maximum de son élongation. Les positions ne sont pas repérées ou marqués mais évaluées par l'instrumentiste. Accroître la longueur de la coulisse d'une position fait baisser la hauteur d'une note d'un demi-ton. Ainsi, on peut baisser la note de base d'au maximum un triton, par exemple sur le ténor pour atteindre le mi en partant du si bémol. Des positions intermédiaires sont également utilisées avec certains harmonique, ou pour ajuster certaines notes.
Les barillets supplémentaires
En conjugaison avec la coulisse, les trombones sont souvent équipés avec un dispositif — appelé barillet, clés de pouce, ou noix — permettant au musicien de baisser la note (d'une quarte sur le ténor) en actionnant une clé de pouce. Comme avec un piston, la longueur est alors augmentée en déviant l’air dans un tube supplémentaire. Ce mécanisme permet d'augmenter la vélocité et la tessiture de l'instrument sans en altérer la justesse.
Les pistons (trombone à pistons)
Dans le trombone à pistons, la coulisse est remplacé par trois pistons, chacun pouvant dévier la colonne d’air dans un tube de longueur différente. Ces pistons peuvent être actionnés ensemble, offrant sept combinaisons distinctes de longueur supplémentaires équivalent aux sept positions de la coulisse. Ce mécanisme permet une dextérité difficile à obtenir avec une coulisse, mais au détriment de la justesse, les positions intermédiaires n’étant pas réalisables.
Types de trombones
Les trombones existent en cinq registres: soprano, alto, ténor, basse et contrebasse.
Le trombone ténor
Le trombone ténor standard a sa note fondamentale en si bémol. Non transpositeur, ses parties sont écrite en ut sur clef de fa ou clef d’ut 4ème ligne (rarement, on trouve des partition en clef de sol transposés en sib, notamment dans les fanfares et les « marching bands » américains). Sa coulisse est subdivisée en sept positions.
Le trombone ténor complet
C'est un trombone ténor auquel on a ajouté un dispositif de tube supplémentaire (barillet), permettant au musicien de baisser la note d'une quarte en actionnant une clé de pouce et d'augmenter ainsi sa vélocité et la tessiture de l'instrument. Par opposition, le ténor sans barillet est alors appelé Trombone ténor simple.
Le trombone basse
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Le trombone basse est conçu en si bémol et joué en do (non transpositeur). Ses parties sont écrites en clef de fa. Il a approximativement la même taille que le trombone ténor, mais d'un calibre plus important et dispose le plus souvent de deux clés de pouce (ou barillet), généralement fa et ré (parfois si bémol), qui changent la tonalité de l'instrument et le rendent plus facile à jouer dans les graves. Les notes du trombone basse sont jouées de la même façon que pour le ténor (à moins d'utiliser les barillets). Il y a généralement un joueur de trombone basse par orchestre symphonique, et ils sont également souvent présents dans les ensembles de cuivres modernes.
Le trombone contrebasse
Le trombone contrebasse est le plus rare, généralement accordé une octave plus bas que le ténor et le basse. Il existe plusieurs moyens d'augmenter la longueur du tube, mais la plus répandue consiste à utiliser une coulisse avec double enroulement.
Le trombone alto
Le trombone alto est accordé en mi bémol ou fa, et il est plus petit que le ténor. Ses positions sont également différentes et son timbre est plus brillant. Il est principalement utilisé dans des arrangements symphoniques, mais il a connu une heure de gloire comme instrument soliste. Des compositeurs modernes l'ont d'ailleurs redécouvert et l'ont introduit dans des pièces récentes.
Le trombone soprano
Le trombone soprano est encore plus court et son timbre se rapproche davantage de celui de la trompette qu'aucun autre trombone. On trouve des partitions pour trombone soprano dans des pièces écrites pour ensembles de cuivres, mais peu d'œuvres classiques l'ont utilisé. Son origine est d'ailleurs incertaine, il ne s'agirait peut-être pas d'un instrument classique mais d'une apparition assez moderne.
Le trombone à pistons
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Le trombone à pistons a un registre comparable à celui des trombones ténor, mais la coulisse est remplacée par trois pistons. Il dispose quelquefois de deux tubes amovibles interchangeables qui permettent de fixer sa fondamentale soit en si bémol soit en ut. L'articulation est différente, plus proche de celle de la trompette et il permet une dextérité difficile à obtenir avec une coulisse. Il est généralement considéré comme étant difficile à jouer juste, et est de moins en moins utilisé de nos jours.
Genres musicaux
musique classique
Trombonistes solistes
De nombreux concertos, pièces concertantes et autres œuvres ont été écrites pour trombone solo et piano ou orchestre. Ainsi plusieurs trombonistes excellent à jouer ce genre de pièces. On peut citer Jean Raffard, Gilles Millière, Joël Vaïsse, Michel Becquet...
Exemples de pièces:
- Ballade d'Eugène Bozza ;
- Solo de concours de Paul Veronge de la Nux ;
- Thoughts of Love d'Arthur Pryor.
jazz
Bien que le saxophone soit l'instrument le plus symbolique du jazz, le trombone est également très lié à cet art. L'instrument par sa souplesse, a su s'adapter à l'évolution des sonorités et phrasés propres à l'histoire de ce genre.
Le jazz Nouvelle-Orléans étant issu des fanfares de cuivres, il est normal que l'on y retrouve le trombone. C'est d'ailleurs à celui-ci que l'on doit le style « tailgate »: les orchestres défilaient sur un chariot traîné par des chevaux. Pour laisser assez d'espace à son encombrante coulisse, le tromboniste ouvrait le hayon ("tailgate" en anglais) et s'asseyait à l'arrière les pieds dans le vide. L'effet visuel, mais également sonore était garanti: cette période est celle des grands glissandi à la coulisse et autres artifices sonores. Aussi, malgré les quelques virtuoses de l'époque (le plus célèbre étant Kid Ory), le trombone était surtout utilisé pour son côté comique.
Ce n'est que à partir des années 20 avec l'apparition du swing et des big bands que le trombone prend ses lettres de noblesses dans le jazz. Mis en valeur par les arrangeurs et les grands solistes de l'époque le trombone y est très à l'aise; citons en autres Jimmy Harrison et Jay C. Higginbotham chez Fletcher Henderson, Benny Morton, Vic Dickenson, Dickie Wells chez Count Basie, Juan Tizol, Tricky Sam Nanton, Lawrence Brown chez Duke Ellington, Tommy Dorsey...
Dans les années 40, on pensait que l'inertie de la coulisse était un frein majeur à l'utilisation du trombone dans le bebop et ces tempi endiablés (quelques uns comme Bob Brookmeyer, passeront au trombone à pistons). Mais c'était sans compter sur Jay Jay Johnson, qui débarrassant l'instrument de ces effets caractéristiques et développant une technique originale, parvint à atteindre la vélocité et le phrasé du saxophone. Il fut suivi par Curtis Fuller et Slide Hampton. On les retrouve dans le hard bop des années 50.
Le cool jazz fut l’occasion d’entendre Bill Harris, Kai Winding, Frank Rossolino ou Carl Fontana.
L’adaptation du jeu du trombone pendant ces années lui fit perdre ses particularités, comme le « Growl » ou les effets de coulisse. Le free jazz se les réappropriera dans les années 60, à travers notamment de Rowell Rudd (inspiré de Kid Ory, il jouait auparavant dans des formations de style dixieland) et Bill Watrous (beaucoup plus virtuose de l’instrument).
Aujourd’hui, l’évolution continue dans le sillage du free. Albert Mangelsdorff a développé la technique du « double son » consistant à jouer et à chanter un autre son simultanément. D’autres musiciens, comme Ray Anderson continuent également d’expérimenter autour du trombone. Parmis les trombonistes de jazz de référence d’aujourd’hui, citons en autre Steve Turre, Glenn Ferris, Denis Leloup ou Yves Robert.
Voir aussi
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