Trouble bipolaire
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Autrefois appelé maniaco-dépression, le trouble bipolaire est un trouble de l'humeur, lequel comprend en outre la dépression récurrente (ou trouble unipolaire).
Les classifications officielles DSM IV et CIM 10 distinguent trois types de trouble bipolaire : le trouble bipolaire 1 (alternance de périodes de manies, de dépressions majeures voire de troubles mixtes mêlant manie et dépression et d'intervalles libres), le trouble bipolaire 2 (alternance de périodes d'exaltation modérée appelée hypomanie, de dépressions majeures et d'intervalles libres) et la cyclothymie (alternance de périodes à symptômes hypomaniaques et de périodes à symptômes dépressifs). Certains auteurs (Klerman, Akiskal) ont identifié d'autres types à partir de la notion de spectre bipolaire.
DIAGNOSTIC. En France, le trouble bipolaire est sous-diagnostiqué. Il faut en moyenne 10 à 12 ans et quatre à cinq médecins différents avant que le mal ne soit nommé. De même, on estime que 40 % des dépressifs sont en réalité des bipolaires qui s'ignorent. La recherche de périodes de périodes d'exaltations est un bon moyen pour poser le diagnostic ; mais il n'est pas toujours évident pour le patient de comprendre que les périodes où il se sentait particulièrement bien ont pour même origine les périodes où il se sentait mal. Ce diagnostic peut être confirmé par le fait que les dépressions des bipolaires sont souvent dites atypiques (en lieu et place de l'insomnie, par exemple, le dépressif « atypique » tend à dormir trop).
PREVALENCE. TB 1 : 1%. TB 2 : 0.5 à 2.5 % Cyclothymie : 2 à 3 %. Selon les auteurs, le trouble bipolaire a une prévalence de 2 à 8 % de la population.
ORIGINE. La dimension génétique complexe du trouble est clairement établie. Elle offrirait une fragilité particulière du sujet au stress, lequel est amené en réaction à développer ou non le trouble. Il y a ainsi souvent un ou des facteurs environnants déclenchants le trouble ; puis, peu à peu, les cycles tendent à devenir autonomes.
TRAITEMENTS. Le traitement de base est constitué d'un ou plusieurs thymorégulateurs : sels de lithiums, anticonvulsivants, lamotrigine qui varient selon les types. Les antidépresseurs devraient être prescrits ponctuellement (risque de virage maniaque ou de réaction anxieuse), les neuroleptiques de même pour la manie (risque de virage dépressif) : cela n'est malheureusement pas encore l'habitude en France. Les thérapies dites de soutien, psychoéducative, interpersonnelles, voire TCC aident ; la psychanalyse est au mieux inutile au pire fortement nuisible. Il n'y a généralement pas de guérison et le traitement est le plus souvent à vie.
COMORBIDITE. L'intérêt de diagnostiquer et de soigner tôt un trouble bipolaire permet d'éviter les troubles qui lui sont souvent associés que ce soit troubles anxieux, troubles du comportement, troubles de la personnalité, addictions diverses.
MORTALITE. On estime que 20 % des TB I ET TB II décèdent par suicide. Les chiffres concernant la cyclothymie ne sont pas connus. Du fait des addictions diverses et des troubles du comportement, il semble qu'un personne bipolaire non traitée ait en moyenne une espérance de vie inférieure de 20 ans à l'espérance de vie présente dans la population en générale.
Le trouble bipolaire est essentiellement un trouble de fluctuation de l'humeur, caractérisé le plus souvent par la dépression. Les personnes bipolaires peuvent abuser de substances, mais autrement elles ne montrent pas typiquement la variété des différents symptômes.
Les cycles dans le trouble bipolaire sont théoriquement d'assez longue durée.
Le bipolaire a de longues périodes de rémission durant lesquelles il va bien.
Le bipolaire va subir ses cycles, quoi qu'il fasse, et indépendamment des facteurs externes.
