Union nationale des étudiants de France

L'Union nationale des étudiants de France (UNEF) est un syndicat étudiant, au sens où il permet à ceux-ci d'exercer leur avis et leur droit de vote sur la gestion des infrastructures universitaires, que ce soit la recherche, la restauration étudiante, les logements étudiants, ou encore les problèmes de discrimination.

Elle est présente sur la majeure partie des universités de France et est la première organisation étudiante. Officiellement indépendante des partis politiques, elle n'en reste pas moins proche, en fonction de ses courants, des différents partis de gauche ou d'extrême gauche dont ses militants sont parfois membres à titre individuel. Elle est devenue dans le dernier quart du 20ème siècle l'instrument politique de la gauche pour les problématiques étudiantes.

Son actuel président est Bruno Julliard, qui appartient à la tendance Majorité Nationale.

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Sommaire

Son histoire

La création et les premières actions

L'UNEF est constituée le 4 mai 1907 lors d'un rassemblement des AGE (associations générales étudiantes) à Lille, afin de constituer une structure nationale qui prend le nom d'Union nationale des associations générales étudiantes (UNAGEF) . Les premières associations locales recensées sont Lille (1878), Paris (1884) et Montpelliers (1889). Sont présentes en 1907 les AGE de Lille, Dijon, Lyon et Bordeaux. Paris rejoindra l'UNEF plus tard. La structure est associative (loi de 1901), car les étudiants ne peuvent juridiquement utiliser le droit syndical (loi de 1884), réservé aux professions.

Cette structuration nationale découle d'une volonté des étudiants d'être représentés dans les organes de décision locaux et nationaux.

Dès ses débuts, elle défend les intérêts des étudiants, et incite la création des structures de médecine préventive au sein des universités, ou encore des restaurants universitaires (RU).

Son dynamisme lui vaut la reconnaissance de la part du président Gaston Doumergue, qui la déclare d'utilité publique par décret du 16 mai 1929.

En 1933, elle ouvre le Sanatorium des étudiants de France à Saint-Hilaire-du-Touvet.

En 1936, elle participe à la création du Comité supérieur des œuvres sociales, ancêtre du CNOUS et des CROUS. Désormais, elle représente officiellement les étudiants au sein d'une instance nationale.

Le tournant : la Charte de Grenoble de 1946

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l'UNEF est affaiblie par la création de nouveaux groupes d'étudiants. Le congrès de Grenoble donne lieu a une réflexion sur l'avenir de la structure, et il en ressort la rédaction d'une charte - appelée Charte de Grenoble - signée le 24 avril 1946. Elle se base sur le contexte mondial de l'époque pour y faire figurer ses idées. La clé de voûte de la charte tient dans l'article 1 : L'étudiant est un jeune travailleur intellectuel. Cela lui apporte un certain nombre de droits, mais aussi de devoirs : le droit au travail, le devoir de s'intégrer à la société, celui d'acquérir les connaissances requises pour son avenir professionnel, la défense de la liberté, etc.

En juin 1947, le syndicat se fait entendre dans la rue suite à l'annonce par le gouvernement de la baisse des bourses et de la hausse des droits universitaires.

La MNEF (Mutuelle nationale des étudiants de France) est créée en 1948, et marque l'entrée des étudiants dans le système de la sécurité sociale. Cet organisme est géré par les étudiants, et notamment ceux appartenant à l'UNEF. En 2000, la MNEF est dissoute suite à des dérives de gestion. La Fédération Nationale de la Mutualité Française et la MGEN (Mutuelle Générale de l'Education Nationale) décident alors de recréer une mutuelle étudiante nationale : la LMDE.

Cette période d'après-guerre est celle de la reconnaissance pour l'UNEF : hébergée dans les locaux du Comité parisien des œuvres, elle entretient de bonnes relations avec les dirigeants de l'État et des universités.

Les premières scissions

Dans les années 1950, des luttes internes ont lieu entre les différents groupes d'idées émergents. La Guerre d'Algérie ne fait qu'envenimer ces luttes, même si l'UNEF ne souhaite pas prendre position en sa faveur ou en sa défaveur, car elle est présente - dans les milieux étudiants - à la fois en France métropolitaine et en Algérie. Les « majos », à tendance corporatiste (alors que les « minos » sont politiquement plus à gauche et font prendre à l'UNEF des positions anti-guerre dès 1956, avec entre autres la question du service militaire des étudiants), considèrent malgré tout que l'Algérie est et doit rester française. Certains dissidents crééent le Mouvement des étudiants de France, qui ne dure pas, mais cette évolution marque le début de la création de contre-pouvoirs.

Face à ces remous, le gouvernement menace de supprimer le Centre national des œuvres et oblige le syndicat à signer une charte d'apolitisme pour mettre fin aux luttes internes, qui ne font qu'afaiblir l'UNEF. Néanmoins, un groupe d'étudiants decide de créer, en 1962, la Fédération Nationale des Étudiants de France (FNEF), qui obtient sans attendre une place auprès du gouvernement.

En 1963, le journal Le Monde n'hésite pas à dénoncer le caractère politisant de l'UNEF, et le fait que ses membres souhaitent en faire un instrument de lutte idéologique en milieu universitaire contre la société bourgeoise.

À la veille des évènements de mai 1968, elle est décrédibilisée auprès des étudiants et du gouvernement (désormais, ce dernier subventionne presque exclusivement la FNEF). Trotskistes, membres du PSU et autres groupuscules s'affrontent pour son contrôle. Lorsqu'éclatent les grèves étudiantes de mai 68, elle n'a plus de président et est dirigée par son vice - président Jacques Sauvageot qui l'engage dans les grèves. Après les grèves de 1968, l'UNEF aurait besoin d'un renouveau.

La scission de 1971

Dans un milieu étudiant agité par de multiples débats politiques, le syndicalisme étudiant après mai 1968 est souvent négligé par les organisations et groupes militants de toutes natures au profit de l'intervention politique directe. Vaguement dirigée par des étudiants proches du PSU, l'UNEF n'a plus vraiment d'existence propre, ses principaux animateurs appelant à quitter l'UNEF pour créer un « mouvement politique de masse » et refuser la participation des étudiants aux conseils universitaires issus de la loi Faure de 1968.

Seuls les militants étudiants communistes de la tendance « Renouveau » décident alors de participer aux élections étudiantes.

Ce clivage entre partisans et adversaires de la participation sera le principal motif officiel de la scission de L'UNEF, largement désertée par les étudiants.

Deux congrès sont en effet organisés simultanément en 1971. L'un se déroule à Dijon, et rassemble les partisans de l'UNEF-Unité Syndicale (soutenus notamment par la CFDT et Force Ouvrière). Pour ce groupe, il s'agit de défendre l'ensemble des étudiants, sans distinction sociale, et militer pour la création d'une allocation d'étude. Le deuxième se déroule à Paris, autour de l'UNEF-Renouveau et soutenu par la CGT , le SNES-Sup et le Parti Communiste; cette mouvence affirme au contraire qu'il faut en priorité défendre les étudiants issus de la classe ouvrière, et leur permettre d'obtenir une bourse plus avantageuse que l'allocation d'études pour tous, toutes classes confondues.


Désormais, les mobilisations sont très politisées, notamment avec la prise de position contre la guerre du Viet Nam.

Le retour au syndicalisme et la création de l'UNEF-ID

En 1980 est créée l'UNEF-ID (Indépendante et Démocratique), à l'initiative de plusieurs groupements étudiants, dont principalement l'UNEF - Unité Syndicale (animée par des militants étudiants trotkistes de l'OCI), le MAS (Mouvement d'Action Syndical) et le COSEF (Comité Syndical des Etudiants de France, petit groupe d'étudiants socialistes proches de François Mitterrand), lors du Congrès de Nanterre de l'UNEF - Unité Syndicale. Son premier Président est Jean-Christophe Cambadélis membre de l'OCI.

On parle alors d'un Yalta étudiant entre les trokistes de l'OCI qui s'emparent du syndicat étudiant, et les mitterrandistes qui s'emparent de la MNEF.

L'UNEF-ID regroupe alors quasiment tous les groupes militants étudiants de gauche, à l'exception des communistes restés en dehors du processus et de quelques militants socialistes du CERES ("chevènementistes"), qui militent dans l'UNEF dite « Renouveau » (puis « Solidarité Etudiante »).

La Charte de Paris adoptée lors de la réunification, inspirée de la Charte de Grenoble de 1946, définit les axes de travail prioritaires : la lutte en faveur de l'aide sociale étudiante, et contre la sélection à l'université.

L'un des premiers grands combats de l'UNEF-ID est l'obtention de l'abrogation de la loi Faure par la nouvelle majorité parlementaire issue des élections de 1981, loi qui sera remplacée par la loi Savary en 1984.

L'abrogation de la Loi Faure sera invoquée pour justifier la participation de la nouvelle UNEF-ID aux élections étudiantes et aux différents conseils dans les établissements universitaire.

L'essor de l'UNEF-ID

L'UNEF-ID devient très vite le principal syndicat étudiant. Il triomphe en 1986 en obtenant le retrait du projet de loi de réformes des universités du ministre Alain Devaquet. Le projet prévoyait une plus grande liberté accordée aux universités de choisir leurs étudiants (sélection), un allégement du cadre national des diplôme et la possibilité de moduler le montant des droits d'inscription.

La contestation, menée par l'UNEF-ID a démarré de l'université Paris XIII de Villetaneuse, sous l'impulsion de l'AGE présidée par Isabelle Thomas, proche de Julien Dray , et s'étend au reste de la France. Le mouvement entre en résonnance avec les protestations de SOS Racisme contre le ministre de l'intérieur Charles Pasqua. Le 27 novembre, on comptait 600 000 manifestants. Lors de la répression brutale des manifestations du 5 décembre, un manifestant, Malik Oussekine, est tué par la Police; Alain Devaquet démissionne le lendemain et son projet est abandonné le 8 décembre. Le discrédit qui frappe alors le gouvernement ne sera pas sans rapport avec l'échec de Jacques Chirac à la présidentielle de 1988.


Mais au début des années 90, l'UNEF-ID est concurrencée par des regroupements des *corporations étudiantes (descendantes de la FNEF de 1962) et associations étudiantes, principalement la FAGE. L'UNEF redevient aussi le théâtre d'une guerre fratricide de tendances, liées principalement au Parti Socialiste.

1995: le tournant

Lors du Congrès de 1994, on assiste à un renversement de majorité (défaite de la tendance pour une « Confération de la Jeunesse Scolarisée » proches de Jean-Christophe Cambadélis). Les amis de Jean-Christophe Cambadélis ont scissioné en deux groupes. Celui mené par David Rousset, trésorier de l'UNEF s'allie avec les amis de Julien Dray rassemblés dans la "Tendance Sursaut ou Déclin". Ils s'allient aussi avec le petit groupe des étudiants proches de Laurent Fabius rassemblés dans la sensibilité Demos. Avec le soutien des « rocardiens » de la tendance Reconstruire et des trotskistes, les proches de la Gauche Socialiste prennent alors la direction de l'UNEF; le représentant de l'aile gauche Pouria Amirshahi est élu président. Rapidement, l'UNEF-ID reprend sa progression face à la FAGE et à PDE, alors que l'UNEF-Solidarité Etudiante se délite. Dans sa réorganisation, elle est aidée par le mouvement de grève réussi de 1995 pour des moyens supplémentaires à l'université, qui partit des campus de Rouen puis de Metz s'étend vite à l'ensemble du pays. Le mouvement étudiant sera rejoint peu après par le mouvement des salariés contre la réforme de la Sécurité Sociale d'Alain Juppé. En 1996, l'UNEF-ID retrouve son leadership dans le monde étudiant qu'elle ne lâchera plus. Cependant, de fortes tensions ont éclaté pendant le mouvement étudiant de 1995 entre la direction de l'UNEF-ID et la coordination nationale étudiante. Prenant parti pour la seconde, la direction de l'UNEF-ID de Montpellier-III est exclue et crée le Syndicat étudiant unitaire et laïque.

La réunification

Le 24 juin 2001, une assemblée générale de « réunification du syndicalisme étudiant » se tient, et aboutit à la fusion de l'UNEF-ID, d'une partie de l'UNEF-SE sous le nom UNEF, reprenant ainsi la dénomination antérieure aux anciennes divisions. Des sections de Sud-étudiant avaient déjà rejoint l'UNEF-ID lors du congrès de Paris qui avait eu lieu début mai. Ces sections ont principalement renforcé la tendance trotskiste de l'UNEF-ID qui change alors son nom de Tendance Unité et Démocratie (TUD) en Tendance Tous Ensemble (TTE).

Cette réunification permet à l'UNEF de conforter sa place de première organisation étudiante au sein du CNESER (Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche) et du CNOUS.

Certaines AGE de l'UNEF-SE refusent de participer à ce processus jugé bureaucratique, ainsi que la Fédération syndicale étudiante et la grande majorité des SUD Étudiant locaux.

2003-2004: l'UNEF reste majoritaire malgré des scissions

En mars 2003 une des tendances de l'UNEF, la tendance syndicale, à l’initiative de responsables et d’adhérents d’associations et de syndicats étudiants locaux, qui ne trouvaient pas satisfaction dans les organisations nationales existantes déclarent le divorce avec l'UNEF pour créer la () Confédération Étudiante. Un nouveau mouvement ambitieux qui vient renforcer le paysage universitaire et le combat syndical pour défendre les droits des étudiants. La Cé a signé un contrat avec son partenaire : la CFDT.

L'UNEF reste cependant en 2004 la première organisation étudiante avec 5 élus sur 8 au CNOUS et 5 sur 11 au CNESER, largement devant la FAGE, PDE, l'UNI et les autres organisations sans élu national (FSE, SUD Étudiant, EMF, Confédération Etudiante...).

Le cas de l'UNEF-ID Lille II

Au milieu des années 1990, un petit groupe d'une quinzaine d'étudiants en droit de l'UNEF-ID de l'Université de Lille II) prit en otage les représentants parisiens venus à Lille pour les élections du congrès national. Ce groupe égalitariste, n'hésitant pas à employer des moyens non-conventionnels, militait contre le centralisme parisien et ce qu'il considérait comme la dérive droitière de l'UNEF-ID ; il marqua par ses positions les prémisses du courant altermondialiste radical au sein du mouvement étudiant. Cela ne concerne que quelques militants, mais leur nombrilisme et leur "centralisme lillois" les poussent à inclure leur petite aventure dans la grande histoire de l'UNEF

Les derniers présidents de l'UNEF

Les tendances

Les autres structures étudiantes

Liens spécifiques

Liens externes

Pour en savoir plus

See also: Union nationale des étudiants de France, 16 mai, 1907, 1929, 1933, 1936, 1946, 1947, 1948, 1956