Villeneuve-Saint-Georges


Villeneuve-Saint-Georges est une commune du Val-de-Marne.

Histoire

Fouilles archéologiques et récit de Jules César permettent de donner une histoire à notre commune dès avant notre ère : haches de pierre et grattoirs en silex trouvés au XIXe siècle, passage des troupes romaines en 52 avant J.-C., tombes mérovingiennes découvertes en 1913 jalonnent cette « pré-histoire » de Villeneuve-Saint-Georges.

La position au confluent de l'Yerres et de la Seine marque très tôt l'histoire de la commune. Elle pose le problème du franchissement, assuré dès le XIIIe siècle par une sorte de pont de bateaux sur la Seine, assuré au XVIIe siècle par un bac, puis à partir de 1843 par un pont alors suspendu, détruit évidemment en 1870 et 1940...

La Seine amène aussi, notamment, dès le XIIIe siècle, le vin de Bourgogne : les très profondes caves voûtées découvertes dans le vieux quartier ont vraisemblablement servi d'entrepôts aux marchands bourguignons. Le temps s'écoule en laissant les marques alors classiques : pillage par les mercenaires de la Ligue en 1590, enjeu de combats entre les troupes de Condé et celles de Turenne en 1652, pendant la Fronde.

Culture, et en particulier celle de la vigne, métiers de l'eau et en particulier la pêche, l'activité économique de la paroisse serait finalement bien banale si ne se développait un important relais de poste à la ferme de Plainchamp, bientôt doublé par les Ecuries du Roi édifiées en 1773. Ce sont ces écuries, vendues pendant la Révolution comme Bien National, que la ville rachète en 1910 pour faire du bâtiment survivant l'actuelle mairie.

Le XVIIIe siècle laisse décidément une marque importante sur le présent, puisque le château de Bellevue, acheté en 1756 par Dupleix, nous est également parvenu, son parc à flanc de coteau ayant en revanche fait l'objet d'un lotissement en 1908. L'orientation de Villeneuve-Saint-Georges vers les transports est puissamment accentuée en 1847 avec l'établissement du chemin de fer. Les ateliers de réparations, ouverts à Triage en 1882, emploient jusqu'à 2 500 ouvriers. C'est là qu'éclate en février 1920 la célèbre grève des cheminots de Villeneuve-Saint-Georges, qui rebondit en mai et se termine par l'échec que l'on sait.

Une autre activité économique importante, celle des sablières, marque également profondément la vie sociale de la commune : la grève déclenchée à la fin de 1907 aboutit le 30 juillet 1908 à une véritable bataille de rues, avec barricades, intervention de l'armée et quatre morts du côté des ouvriers. C'est à Villeneuve-Saint-Georges en bonne part que Clemenceau se taille sa solide réputation de « briseur de grèves ».

On retrouve l'armée à Villeneuve-Saint-Georges dans un contexte heureusement plus pacifique, lors des terribles inondations de 1910 : ce sont des soldats qui apportent en bateau un pain que les boulangeries inondées ne peuvent plus cuire. La présence militaire marque encore la commune avec la pesante occupation allemande de 1870-1871, dont est victime notamment la bibliothèque d'un Villeneuvois — d'adoption — illustre, l'historien et ministre de l'Instruction publique Victor Duruy. La commune bénéficie ensuite d'un des forts édifiés pour ceinturer Paris, fort utilisé pendant la dernière guerre par les Allemands notamment pour y interner les Juifs.

A la veille de la guerre 1914-1918, Villeneuve-Saint-Georges est devenue une ville « ouvrière » : elle est une des très rares communes du sud de l'actuel département à avoir connu une industrialisation dès le XIXe siècle. Elle possède un hebdomadaire socialiste, l'Egalité, une vie associative importante impulsée par la population cheminote.

La commune est la seule du Val-de-Marne où le parti socialiste obtienne la majorité absolue lors des élections de 1919, année de la conquête de la mairie, une des deux où le nouveau parti communiste réalise en 1924 son meilleur résultat (48 %).

L'entre-deux-guerres est marquée par un effort original en matière de santé, à l'initiative du maire Henri Leduc, par la précoce réalisation de logements sociaux, dès 1929. La ville accentue encore son caractère ouvrier : la mairie passe au PCF en 1935, les grèves sont nombreuses et fortes en juin 1936. Et c'est, très logiquement pourrait-on dire, à Villeneuve-Saint-Georges qu'est donné le coup d'envoi de l'insurrection parisienne de la libération, avec la grève des cheminots le 10 août 1944. Entre-temps, les « années noires » ont été celles d'une résistance particulièrement active, communiste bien sûr mais aussi gaulliste autour du commissaire de police.

En 1944, les bombardements anéantissent les installations ferroviaires, et font en outre de nombreuses victimes. La SNCF reconstruit alors une gare de triage qui sera un temps la plus moderne d'Europe. La ville panse ses graves blessures, mais subit précocement le contre-coup des difficultés économiques des années 70, et surtout de l'effrondement des effectifs dans les ateliers de réparation de la SNCF. La population diminue de 11 % entre 1975 et 1982, le PCF perd en 1983 la mairie.

L'avenir dira si Villeuve-Saint-Georges tourne là une page de son histoire.

Source : Marcel OBLIN, Président de la Société d'Histoire et d'Archéologie, Alain CROIX.


Site personnel sur l'histoire de Villeneuve-Saint-Georges [1]

See also: Villeneuve-Saint-Georges, -52, 10 août, 1590, 1652, 1756, 1773, 1843, 1847